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L’heure est venue pour moi de vous conter les deux expériences intenses que j’ai vécues ces derniers jours. Deux concerts du légendaire groupe U2 : le premier au Stade de France le 12 juillet, deuxième soirée dans l’enceinte parisienne pour les irlandais ; le second au "Parc des Sports" Charles Ehrmann à Nice le 15 juillet. Dans les deux cas j’avais des billets pelouse, ce qui implique évidemment une longue attente pour se placer idéalement dans le public. Voici le récit de ces deux journées éprouvantes mais riches en émotions.

Allez, on s’assoit, on attend

Arrivée vers 11h30 pour le premier, vers 14h pour le second. Si aux abords du SDF nous avons plutôt maudit les nuages qui nous arrosaient de pluie régulièrement, ils étaient beaucoup plus espérés du côté de Nice où la chaleur d’un après-midi de juillet et zéro point d’ombre nous ont fait littéralement cuire pendant des heures. A Paris nous avons également fait face à des gros problèmes d’organisation : très peu de barrières pour formater les files d’attentes. Résultat : installation anarchique et grosse bousculade au moment de l’ouverture des portes. Il faudra d’ailleurs m’expliquer pourquoi certaines portes ont été ouvertes 15 minutes avant les autres…

Finalement, une fois entré dans le stade, on oublie tout :) La scène est vraiment impressionnante, elle s’élève à plus de 50m avec son antenne centrale, ses pattes géantes, son écran à 360° et ses sound systems imposants présents sur chaque face de la bête. Mais est-ce qu’on ne tomberait pas dans la démesure ? Un peu mais avec U2 ça fait 17 ans qu’on est prévenus !

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Les premières parties mettent l’ambiance

Le choix des premières parties est très judicieux. Si aux Etats-Unis les fans auront droit à Muse ou aux Black Eyed Peas, on retrouve en Europe des groupes britanniques plus "confidentiels" mais qui commencent de se faire connaître. A Paris, nous avons eu droit à une prestation très énergique de Kaiser Chiefs, qui a su enflammer le stade avant l’heure avec des titres commet Ruby, I Predict a Riot ou encore The Angry Mob. Côté Méditerranée ce sont les nord-irlandais de Snow Patrol qui se sont chargé de chauffer l’assistance avec une belle réussite. Deux groupes que je réécouterai volontiers.

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Ground Control to Major Tom

C’est David Bowie et son mythique Space Oddity qui nous annonce l’arrivée imminente du groupe sur scène.

Une entrée finalement toute simple, sans hélico, sans locomotive, … Larry le batteur apparaît et entame l’intro de Breathe sur ses futs. Suivi de près par Adam et Edge respectivement à la basse et à la guitare. Puis arrive Bono, gigotant dans tous les sens et clairement heureux de retrouver la scène après 4 ans d’absence… Le concert peut enfin commencer !!

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Le groupe nous balance directement 4 morceaux de son nouvel opus No Line on The Horizon, qui sonnent décidément encore mieux en live par rapport aux versions studio. On pourra regretter à Paris que la nuit ne soit pas tombée assez vite, ce qui gâche légèrement les effets de lumière.

Les morceaux s’enchaînent à toute allure : une setlist très judicieuse, faisant la part belle au nouvel album (7 chansons sur 11), mais sans oublier les grands classiques incontournables et quelques pépites sorties des tiroirs pour le plus grand bonheur des "hardcore fans" que nous sommes. Mention spéciale pour Unknown Caller qui prend une toute nouvelle dimension en concert, et pour "Crazy Tonight" dont la version remixée a permis à Larry de se promener avec des percussions et au public d’être étonné et entraîné. Un public qui a littéralement explosé sur Vertigo et Sunday Bloody Sunday, et qui a été amusé par l’hommage de Bono à Michael Jackson et les quelques paroles de Don’t Stop Till You Get Enough.

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D’ailleurs, quelques moments de grâces ont certainement marqués les esprits… L’écran 360° qui se déplie pour former un cône gigantesque annonce l’intro d’une belle surprise : The Unforgettable Fire. Le fameux écran rouge sur l’intro de Where The Streets Have No Name, clin d’oeil aux entrées en scène du Joshua Tree Tour il y a 20 ans… Avec cette sono, les violons vous transpercent véritablement : émotion garantie… Je ne me lasse jamais non plus d’écouter Walk On, de gueuler sur City of Blinding Lights, ou de sauter sur Beautiful Day

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Et enfin je ne remercierai jamais assez le groupe d’avoir ressorti Ultraviolet pendant cette tournée, pour la première fois depuis 1993 : un de mes morceaux préférés, une véritable pépite en live.

Une scène qui en met plein la vue…

La grande question d’avant le concert était : est-ce que ce monstre d’acier allait laisser de la place à la performance musicale. Il faut dire que clairement le but n’est pas de créer un show extravagant et détonant comme l’excellent spectacle d’AC/DC, mais plutôt de se rapprocher de l’audience… Difficile dans un stade de 80.000 personnes me direz-vous ? Disons que le pari est assez réussi, on ressent la proximité en tout point du stade, même du haut des gradins (dixit certains témoignages). L’écran en 360° y est pour beaucoup, mais le fait d’avoir une structure si haute libère de l’espace sur scène et on peut beaucoup plus facilement distinguer le groupe. Le résultat est une communion avec le public et une performance musicale au centre de tous les intérêts.

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Il évident que les membres du groupes doivent donner beaucoup plus de leur personne pour satisfaire tous les fans à 360°… S’il était naturellement plus intéressant de se situer en face de la sècne, tout le monde a eu droit à une belle vue, le groupe s’est dépensé sans compter pour couvrir toute la surface qui entourait le stage. A plusieurs reprises la batterie de Larry a pu pivoter de 180° pour faire face aux gradins d’"arrière-scène".

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Les animations vidéos et les effets lumières sont assez simples et mériteraient d’avantage d’approfondissement tant les possibilités sont immenses, mais c’est peut-être un choix que de ne pas trop en rajouter. A noter qu’un traducteur retranscrivait en français et en direct les discours de Bono sur l’écran ; sage initiative mais difficile à assurer si l’on se réfère aux innombrables fautes de frappes…

Quelques points faibles quand même

Une structure scénique aussi ambitieuse a forcément ses faiblesses… Ainsi, étant donné que l’on ne peut pas couvrir tous les angles de vues (en étant situé sur la pelouse), on se retrouve assez souvent à "chercher" les musiciens (mais où sont-ils passés??) et donc à s’en remettre aux écrans.

On pourra aussi reprocher à Bono ses désormais classiques tentatives de sauver le monde avec la One Campaign, l’hommage à Aun Sang Suu Kyi, le discours de l’archevêque Desmond Tutu. Cela fait partie du personnage, et depuis longtemps…

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Autre point faible : l’ambiance. Cela n’engage que moi et j’étais peut-être mal placé, mais j’ai trouvé le public trop "gentillet" (surtout à Paris, en fait). C’est sûr, on se sentait beaucoup moins "en danger" qu’au milieu de la pelouse d’AC/DC, mais des mastodontes qui gueulent du début à la fin d’un concert, c’est quand même le pied pour vivre un concert. La plupart des gens ne chantaient pas, à part les refrains des grands classiques et quelques Oh oh oh lancés par Bono… Dommage j’avais eu des échos très prometteurs des publics espagnols et italiens les jours précédents. Ce qui ne m’a pas empêché de passer deux très bon concerts, tout comme l’ensemble du public.

Nice ou Paris ?

Les deux, les deux ! Si je dois comparer ces deux dates, je dirais que le gigantisme du Stade de France et "l’intimité" du Stade Charles Ehrmann (peu de tribunes) impliquent deux ambiances totalement différentes qui valent le coup. Sur la performance de Nice, on a senti le groupe plus en forme, pour de multiples raisons (pas de dates d’affilée, plus d’aisance, pas un véritable 360° puisque pas de tribune arrière). Mais sur la performance parisienne, on avait plus l’impression d’être dans une gigantesque messe du rock.

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Dans les deux cas nous avons assisté à un moment inoubliable où, je trouve, la musique l’a emporté sur le show. Les meilleurs instants sont clairement ceux où tout un stade reprend en chœur les paroles lancées par Bono. J’espère que vous y étiez aussi, n’hésitez pas à discuter de ce que vous en avez pensé ! Pour les autres, il y a de fortes chances que le groupe repasse en 2010, vous aurez une deuxième chance…

Plus de photos

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Comme d’habitude, étant piètre photographe je préfère m’en remettre à d’autres… Ce sont uniquement des photos du concert au Stade de France. Merci à zequouine, xtof, rMen

D’autres photos sont disponibles ici :

Photos de Grégory Tran

Sucking Rock n Roll

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La setlist des deux concerts

  1. Breathe
  2. No Line On The Horizon
  3. Get On Your Boots
  4. Magnificent
  5. Beautiful Day
  6. Mysterious Ways
  7. I Still Haven’t Found What I’m Looking For
  8. Angel Of Harlem (Paris) / Desire (Nice)
  9. Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of
  10. Unknown Caller
  11. The Unforgettable Fire
  12. City of Blinding Lights
  13. Vertigo
  14. I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight (remix)
  15. Sunday Bloody Sunday
  16. Pride (In The Name of Love)
  17. MLK
  18. Walk On
    .
  19. Where the Streets Have No Name
  20. One
    .
  21. Ultraviolet (Light My Way)
  22. With or Without You
  23. Moment of Surrender

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